Camera subjective
C'est le titre d'un livre écrit en 2002 par Anne Sinclair. Marie josé me l'avait
offert... et certainement encore sous le coup du 21 avril je n'ai pas eu le courage de l'ouvrir et de le lire. En panne de lecture, j'ai remis la main dessus et plus que la main, l'oeil et l'envie. A propos d'oeil, vous avez vu ceux d'Anne...
C'est intéressant de le lire en décalage, je ne sais si elle l'a beaucoup transformé après la connaissance des résultats, mais ça sent la défaite dès le début. Deux passages m'ont interessé en particulier celui sur le rôle des journalistes et qd c'est un des leur qui le dit !
D'abord une citation du pasteur Niemöller, mort à Dachau :"Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit parce que je n'étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit car je n'étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai rien dit car je ne suis pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai rien dit puisque je ne suis pas catholique. Puis, ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester."
....
autre passage page 347
"Le jour où l'un des deux candidats était en visite dans une cité, il s'est trouvé un journal, Libération, pour se contenter de faire le reportage dans un café de banlieue, en rapportant les propos de comptoir. Parce que c'était sans doute plus amusant et moins difficile que suivre la visite et rendre compte des propositions du candidat en question.
Pour le reste avons-nous appelé au civisme? Avons-nous rappelé qu'une élection n'était pas un jeu? Avons-nous parlé des propositions faites pour la culture par les candidats les plus sérieux? Avons-nous organisé un débat sur l'Europe, qui est notre présent et plus seulement notre avenir? Avons-nous seulement (à part RTL plusieurs fois et France2 un soir) multiplié les débats, tout simplement, ou y avons-nous renoncé parce qu'ils étaient plus difficiles à mettre en place que les entretiens avec les candidats?
On a ri des baisses d'impôts de Chirac, des "zero SDF" de Jospin, sans chercher à savoir de combien les prélévements pouvaient baisser, ni si trouver un toit pour 80 000 sans logis était un objectif hors de porter pour un gouvernement!
On a rapporté les petites phrases, montré les poignées de main, écrit des colonnes d'articles sur les staffs de campagne ou sur la communication des candidats, voire sur leur costumes. Si la campagne a été ratée par les politiques, elle a été saccagée par nous les journalistes. Jamais elle ne fut rendue plus vide de sens, plus pitoyable, obsédés que nous étions par la seule égalité comptable entre les seize candidats."
Que cette analyse prenne tout son sens avec les jeunes qui viennent s'inscrire sur les listes... on ne doit pas les décevoir, leur réaction ne serait que plus dure.
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